Jean Rustin

Rustin | Salkind

Corps à Corps
June 20 to July 28, 2018

The exhibition "Body to Body" puts face to face two painters who at fifty years of distance have the same interest for the human body as it is, without seeking to embellish it. In colored gray, on neutral backgrounds, they show us men or women timeless, naked, without artifice, lost in their dreams or their madness. One can see eroticism, or obscenity, but also tenderness and the sacred. Yet the subject of these two series of paintings remains the naked body, receptacle of our joys and our sorrows, where our suffering and the passage of time are read. Because, as Jean Rustin says, it is in the body and in the flesh that the history of man is finally written, and perhaps even the history of art.

 


 

Jean Rustin fait peur et secoue, il crée dans l’irrécupérable. Le corps qui surgit unit l’altérité la plus insupportable - le corps qui fut – à l’effarement le plus violent qui soit, immobilisé d’effroi sexuel. Corps exhibé à vif, sexe à cru. On ne s’échappe pas de cet enfer à regards… Mystique dépassant la souillure. Meurtre silencieux du corps narcissique.
Scandale d’évacuer les fatigues du voir confortable. Rustin-Gorgone sidère l’œil. Lumière vidée de toute origine, le peintre s’est débarrassé de tout, de l’anecdote, du style, du discours, de tout, sinon de son essentiel.
Corps de peinture et corps monstre. Béance de la vie quand la vie saigne, quand sous la peau atroce couve l’éternelle inguérissable enfance. Et le spectateur, bourreau et martyre, expie ses blessures en sa part d’ombre.
Avec Rustin, la bienséance a perdu la face, et la peinture atteint ses extrêmes. Il hante les lieux maudits où règnent l’informe et l’infâme. Mais la beauté, en compassion infinie, s’interdit de mourir.
Jean Rustin masque tous les visages d’une telle barbare intensité que la face ultime qu’il impose, sacralise à vie et à mort le miroir peint qui nous étreint. La plénitude saccagée fait vibrer les cordes de l’existence profonde. Ô les plaies sexuelles de l’humanité qui s’éloigne. Pudeur broyée des vies abandonnées. Rustin crucifie la tendresse, et les ombres inconsolées de ses personnages sont nos lieux d’abîme.
Et la peinture s’éclabousse d’horreur et de beauté.
Christian Noorbergen

Movie "La peinture de Rustin" by Isabelle Rèbre

Anxiété, 2002, acrylic on canvas, 97x130cm Dans le couloir, 2002, acrylic on canvas, 97x130cm

La chambre turquoise, 2000, acrylic on canvas, 130x97cm Homme debout, 1996, acrylic on canvas, 92x73cm

Elsa, scène dans la cour, 1985, acrylic on canvas, 41x33cm Le Matin, 2000, acrylic on canvas, 81x65cm

Homme dans le soir, 2005, acrylic on canvas, 45x37cm Accroupie dans le couloir, 2000, acrylic on canvas, 60x81cm

Le repos, acrylic on canvas, 40x40cm Étude près de la porte, 1998, acrylic on canvas, 54x73cm

 

Étude, 2004, acrylic on canvas, 35x35cm Elle est toujours ainsi, 2003 - 2005, acrylic on canvas, 100x81cm

Le tabouret, 2003, acrylic on canvas, 92x73cm La porte fermée, 1982, acrylic on canvas, 41x33cm
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